"Mais qu'est-ce que je raconte."

Et si je te disais que tu me manques?

Non, non, ne me regardes pas comme ça, n'aie pas peur.
Ce n'est, après qu'une question comme une autre.
Une question juste comme ça, juste pour savoir, par pure curiosité.
Tu sais, après tout, que je suis un irraisonnable curieux. Je ne peux pas ne pas être curieux, c'est dans ma nature.
Et pis, c'est vrai quoi, tu ne penses jamais à moi lorsque je ne suis pas là? Même pas un peu?
Moi, tu sais, j'ai peur que tu ne penses jamais à moi, à part pour te dire que tu te passerais bien de moi. Je suis en continuel manque d'affection.

Et si je te disais que tu me manques?

Allez, dis-moi ce que tu me répondrais. Oh, gentiement hein. Ne sois pas trop dur. Je n'ai pas peur, je suis blindé, je suis fort. Mais quand même. Sois gentil.
Mais réponds-moi pour l'amour du ciel ou de l'enfer.

Et si je te disais que tu me manques?

C'est une question entre amis, même pas sérieuse. Juste pour rire, en quelque sorte.
N'aie crainte, ce n'est pas important. Je voudrais juste savoir. Tu accepterais que je tienne à toi ?

# Posted on Friday, 23 October 2009 at 3:59 PM

Edited on Tuesday, 24 November 2009 at 3:49 PM

Valmont.

Valmont.
Valmont avait trente ans, une figure charmante, de l'esprit, bien de l'imagination, pas le moindre principe, et, par conséquent très propre à remplir le rôle qu'on allait lui offrit.

[...]

-Tu me convaincs, répondit Valmont, et je t'accorde bien facilement que ton Eugénie doit être une maîtresse délicieuse; beauté bien plus vive que sa mère, elle n'a pas tout à fait, comme ta femme, cette langueur qui s'empare de l'âme avec tant de volupté, elle en a ce piquant qui nous dompte, qui semble, en un mot, subjuguer tout ce qui voudrait user de résistance; si l'autre à l'air de céder, l'autre exige; ce que l'une permet, l'autre offre, et j'y conçois beaucoup plus de charme.

-Ce n'est pourtant pas Eugénie que je te donne, c'est sa mère.

-Eh! quelle raison t'engage à ce procédé ?

-Ma femme est jalouse, elle me gêne, elle m'examine; elle veut marier Eugénie: il faut que je lui fasse avoir des torts, pour réussir à couvrir les miens, il faut donc que tu l'aies...que tu t'en amuses quelque temps...que tu la trahisses ensuite...que je te surprenne dans ses bras... que je la punisse, ou qu'au moyen de cette déouverte, j'achète la paix de part et d'autre dans nos mutuelles erreurs...mais point d'amour, Valmont, du sang-froid, enchaïne-là et ne t'en laisse pas maîtriser; si le sentiment s'en mêle
, mes projets seront au diable.

-Ne crains rien, ce serait la première femme qui aurait échauffé mon coeur.

# Posted on Friday, 09 October 2009 at 2:01 PM

Edited on Friday, 09 October 2009 at 3:29 PM

[ Sans Titre ] _

 [ Sans Titre ]   _
-Mais sans toi, je meurs !

La phrase claqua, résonna contre le vide. C'était bien ce que lui soufflait son coeur expressement pressé dans sa poitrine. Est-ce qu'un organe peut disparaître à force de se compresser? Il lui semblait bien tant cela lui faisait mal, de voir cet être tant aimé s'éloigner. Ce n'était pas possible de vivre comme ça. Pas possible, ce n'était même pas...

-Je ne veux pas, je ne peux pas ! Je sais bien, que j'ai la panique facile et que je ne suis pas d'un naturel tranquille. Mais je meurs sans toi, je m'éteins comme une bougie d'anniversaire qu'un imbécile souffle avant l'heure. Je vais mourir sans toi, sans ton sourire et sans tes travers. Comment veux-tu mon sourire si tu n'es pas là pour en rire ?

Ne pouvait-on pas comprendre ses craintes? Elles n'étaient pourtant pas bien compliquées... Il n'y en avait qu'une, au juste. Les perdre, ceux pour lesquels l'affection, l'amour au fond, avait tissé sa toile étroite. Et là, ce maillon évident de son équilibre profond semblait s'évader, glisser en dehors de son coeur et vouloir s'en enfuir comme un voleur.

-Sans toi, je ne vis plus.

# Posted on Sunday, 25 October 2009 at 4:53 PM

Edited on Sunday, 25 October 2009 at 5:12 PM

Motel 13.

Motel 13.
Motel Coyote, chambre numéro 13.
La peinture est écaillée,
Le papier peint pends du plafond,
Il y a comme une odeur d'urine,
Dans ces teintes verdâtres surannées.


Pourtant, le corps alangui sur un lit,
Tout aussi défoncé que lui,
Est jeune encore.
Si ce dos sculpté est celui d'un homme,
Les épaules elles sont encore si fragiles, si juvéniles,
Qu'on en aurait envie de les serrer, de les enlacer.


Le corps tout entier est agité d'un frisson
Lorsque l'homme prends une inspiration.
Ses mèches sombres s'égarent sur sa nuque,
Balayent son dos, taquinent sa colonne.


Il renverse sa tête en arrière, vers un ciel inexistant.
Il n'y aura jamais de ciel pour les êtres tels que lui.
Sa gorge parfaite, couleur d'or, palpite une fois encore.
Il ne passera pas la nuit.


Ses reins s'arquent une dernière fois, dans un dernier assaut.
Il crache une dernre fois contre Dieu.
Il meurt là, nu, dans cette fosse.
La décadence est compte.
Puisqu'il n'a rien à cacher.
Aucun honneur à sauver
Dans son bras qu'il n'a plus la force de dégarroter,
Dans son bras qui l'a amené au paradis pour quitter l'enfer.


# Posted on Saturday, 13 June 2009 at 7:43 AM

Edited on Thursday, 02 July 2009 at 10:47 AM

ff

ff
Hurle, frappe, crie et meurs.
Tu n'es que rien.
Comment t'en rendre compte?
Il n'y a qu'une fin,
Et tu t'achemines sans lendemain.
Dépense ton sang sans dédain,
Car d'y voir tu t'escomptes.
Toute vie est leurre.

# Posted on Thursday, 14 May 2009 at 1:20 PM

Edited on Thursday, 14 May 2009 at 1:34 PM